Mémoire présenté au Comité permanent de la science et de la recherche au sujet des besoins de recherche du Canada en matière de défense et de ressources à double usage
En cette période d’instabilité géopolitique et de changements technologiques rapides, le Canada doit investir dans sa sécurité, sa souveraineté et sa prospérité. Le gouvernement s’est fixé une cible ambitieuse, s’engageant à investir cinq pour cent du PIB dans la défense et la sécurité d’ici 2035. Or, les dépenses ne garantiront pas à elles seules les capacités; l’efficacité des vaisseaux, des satellites et des systèmes de cyberdéfense dépend des talents et des technologies sur lesquels ils reposent.
Pôles intégrés de recherche et de talents, les universités offrent au pays la plateforme la plus évolutive pour accroître rapidement les talents en défense, et renforcer l’innovation et les capacités souveraines, sans devoir créer de nouveaux systèmes de toutes pièces. Peu importe leur taille ou leur spécialisation, les universités s’imposent comme le carrefour des activités de recherche, du développement des talents et de la mobilisation des connaissances dans leurs régions, si bien qu’elles apportent une contribution essentielle à l’atteinte des objectifs du Canada.
Dans son mémoire, Universités Canada recommande ce qui suit au gouvernement fédéral :
- Faciliter le transfert de technologies des universités aux petites et moyennes entreprises (PME) canadiennes pour favoriser les innovations à double usage et conserver au pays les avantages économiques.
- Tirer parti des terrains, des infrastructures et de l’expertise en sécurité de la recherche des universités pour mettre sur pied des installations sécurisées de recherche de concert avec des partenaires de l’industrie.
- Favoriser les environnements de recherche sécurisés, non classifiés et évolutifs pour permettre la pleine réalisation des objectifs de la SID.
- Arrimer la formation universitaire aux besoins en matière de défense par l’élargissement des programmes d’enseignement coopératif, des stages et des bourses de recherche afin de renforcer le bassin de talents qualifiés du Canada.
- Établir des mécanismes clairs et prévisibles pour la contribution des universités aux priorités de défense, qui s’accompagnent de modèles normalisés de sécurité et d’une intégration simplifiée, afin de renforcer les liens entre les universités, l’industrie et le gouvernement.
La souveraineté du Canada repose sur trois engagements : l’argent investi, les personnes mobilisées et les innovations développées. Et c’est dans les universités que ces trois engagements trouvent leur fondement. En arrimant le secteur universitaire aux initiatives nationales de défense, le Canada pourrait élargir ses bassins de talents, mieux soutenir ses petites entreprises, renforcer la souveraineté dans l’Arctique et développer les capacités nécessaires à sa sécurité et à sa prospérité à long terme.