La science comme levier pour contrer l’insécurité alimentaire au Canada

19 mars 2026
Une femme s'occupant des plantes dans une serre.

Par Gabriel Miller, président-directeur général, Universités Canada 

Cet article a été publié dans le Hill Times le 9 mars 2026.


Depuis des générations, le Canada s’appuie sur un système alimentaire solide et stable. Cette réalité est aujourd’hui remise en question.

Les pressions climatiques, l’augmentation des coûts de production, l’instabilité mondiale et les changements environnementaux créent de nouveaux risques pour le secteur agroalimentaire. Outre leur incidence directe sur les prix des aliments, ces défis mettent à l’épreuve la résilience d’un secteur névralgique du pays. Pour y répondre et assurer la pérennité du secteur agroalimentaire, des investissements fédéraux soutenus dans la recherche et l’innovation seront nécessaires. Les universités canadiennes, qui sont depuis longtemps au cœur de cet effort, développent des solutions qui améliorent la productivité agricole, renforcent la durabilité et soutiennent les personnes et les communautés qui produisent notre nourriture.

Or, la sécurité alimentaire n’est pas qu’une question d’approvisionnement : c’en est aussi une d’adaptabilité. Et cette adaptabilité repose sur l’ingéniosité et la science et se traduit en solutions concrètes grâce à la recherche.

Partout au pays, des équipes de recherche universitaires soutenues par le gouvernement fédéral élaborent des solutions pratiques fondées sur la science pouvant être utilisées par les productrices et producteurs.

À la University of Saskatchewan, des chercheuses et chercheurs en agriculture mettent au point des variétés de cultures plus résilientes et des outils numériques qui aident le milieu agricole à s’adapter aux changements environnementaux. À la University of Waterloo, des équipes de recherche ont recours à l’intelligence artificielle pour améliorer les méthodes de prévision des sécheresses pour ainsi mieux en gérer les risques. L’initiative Food From Thought de la University of Guelph, qui a reçu 76 millions de dollars en soutien fédéral par l’entremise du Fonds d’excellence en recherche Apogée

Canada, contribue à améliorer la santé des sols, le rendement des cultures et l’efficacité des systèmes agricoles pour une production alimentaire durable.

Ces initiatives sont la preuve que les investissements fédéraux en recherche ont des retombées concrètes en matière de productivité agricole et de résilience à long terme.

Des projets semblables sont en cours dans les universités d’un bout à l’autre du pays, ce qui témoigne de l’importance stratégique de la recherche agricole pour la force économique du Canada, la sécurité alimentaire et la compétitivité à long terme dans un climat mondial en mutation. Ces travaux de recherche soutiennent les économies rurales, stabilisent les chaînes d’approvisionnement alimentaire à l’échelle du pays et renforcent la position du Canada sur les marchés agroalimentaires mondiaux, un secteur qui contribue des milliards de dollars au PIB et soutient des centaines de milliers d’emplois.

La recherche universitaire est essentielle pour traduire les avancées scientifiques en retombées concrètes. En collaborant avec les productrices et producteurs, l’industrie et les gouvernements, les universités canadiennes accélèrent la mise en marché des innovations, renforcent le développement des talents au Canada et assurent l’accès aux outils nécessaires pour demeurer concurrentiel dans un marché mondial en évolution rapide.

Cette réalité est d’autant plus importante dans un contexte d’intensification des changements climatiques et de perturbations accrues des chaînes d’approvisionnement mondiales. D’autres grandes économies agricoles augmentent leurs investissements dans la recherche et l’innovation pour accroître leur productivité et leur résilience climatique. Le Canada doit emboîter le pas. Sa capacité d’adaptation aux grands changements de notre époque reposera sur des investissements soutenus dans la science, la recherche et les talents qui sous-tendent la résilience du secteur agricole.

La sécurité alimentaire est une réalité, issue de choix politiques assumés : ceux d’investir en recherche, de soutenir l’innovation et de fournir aux productrices et producteurs les outils nécessaires pour réussir. Les universités canadiennes convertissent les investissements fédéraux en recherche en solutions pratiques qui renforcent le système alimentaire, les communautés rurales et la capacité d’exportation du Canada.

Si le Canada veut assurer sa sécurité alimentaire à long terme, accroître sa compétitivité économique et appuyer les communautés rurales, il doit faire du financement de la recherche universitaire an agroalimentaire une priorité nationale.

Dans un contexte d’incertitude croissante, investir dans la science qui soutient la résilience du système alimentaire n’est pas facultatif : c’est impératif pour l’avenir du pays.